16 September 2019
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« Inquisitio », la série T.V. très controversée de Nicolas Cuche

Que demande-t-on à un feuilleton de l’été ? Dans un premier temps, qu’il rassemble tous les ingrédients de ce qui fait le succès de cette tradition estivale, initiée à la fin des années 80 : secrets, rivalités, enquêtes, héros (gentils et méchants), etc. Ensuite, qu’il tienne en haleine les spectateurs de semaine en semaine – de quatre à six en règle générale. Et enfin – et surtout même, qu’il rassemble un audimat lui garantissant plus qu’un succès d’estime. Normal, ce sont souvent des productions onéreuses, qu’il convient d’amortir financièrement. Ce qui ne fait en revanche pas partie de la recette, c’est la polémique, voire l’acharnement médiatique à l’encontre de celui-ci. Et pourtant !

inquisitioDiffusée sur France 2 tous les mercredis du mois de juillet, Inquisitio est – et fut avant même la diffusion de son premier épisode le 4 juillet, au cœur d’un véritable débat agitant à la fois le public, certaines associations religieuses, voire des membres de l’Eglise catholique elle-même, qui semble n’avoir pas d’autres combats à mener. Pourtant, tous les éléments semblaient réunis pour en faire un véritable succès : un secret férocement gardé par David de Naples, « père » du Juif Samuel (le gentil), deux papes qui guerroient pour asseoir leur légitimité – Clément VII en Avignon et Urbain VI à Rome, une enquête policière menée par Barnal (le méchant), de l’Inquisition, le tout sur fond de sorcellerie, d’hérésie, d’antisémitisme et d’épidémie de peste dans une France moyenâgeuse, pour partie tournée en décors naturels à Avignon, à Narbonne, ou encore au château de Pierrefonds.

Certes, avec Inquisitio, nous sommes à mille lieues des superproductions anglo-saxonnes qui tutoient la perfection. Les cadrages sont parfois maladroits, certains décors en carton-pâte un peu cheap, quelques longueurs sont à noter dans le scénario, longueurs qui pourraient donner envie de « décrocher », mais vraiment pas de quoi foudroyer la série toute entière ! L’intrigue est rondement menée, les prises de vue extérieures esthétiques, les costumes soignés, et le jeu des acteurs excellent.

Avec plus de quatre millions de téléspectateurs pour les deux premiers épisodes – chiffre plus qu’honorable, France Télévisions avait bien de quoi se frotter les mains. Seulement voilà, une semaine plus tard, lors de la diffusion des épisodes trois et quatre, l’audimat est tombé sous la barre des trois millions, et la semaine suivante encore, n’a même pas franchi les deux millions et demi. Près de 50% de perte de parts de marché en l’espace de deux semaines. Les deux derniers épisodes quant à eux permettent à France 2 de garder la tête hors de l’eau, sans plus.

Jugée blasphématoire et sans aucun doute punie parce qu’une fois de plus, l’Inquisition, mouton noire de l’Eglise et sujet sensible en terre historiquement chrétienne, est représentée sous un jour accablant (luxure papale, bûchers dressés au nom de D.ieu, tortures…), Inquisitio paie le prix fort. De la bouche même de Nicolas Cuche, co-créateur et producteur de la série, celle-ci n’a pourtant à aucun moment eu de prétentions historiques, mais a toujours été envisagée comme un divertissement, avec des décors et des costumes tout droit sortis d’un Moyen-Age comme on en trouve dans les jeux vidéo ou les films de science-fiction. Mais cela ne suffira pas. Inquisition’a pas trouvé son public en cet été 2012. Regrettable car en définitive, elle se regarde et s’apprécie plus que bien d’autres. Transformons en demi-succès ce que d’autres se plaisent à qualifier d’échec, et souhaitons que la sortie DVD, prévue le 22 août 2012, se fasse avec un peu plus de discrétion, et surtout moins d’acharnement.

– Inquisitio, le coffret 3 DVD.



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Si vous désirez aller plus loin :

L’Inquisition, de Didier le Fur, aux éditions Livre de Poche. 192 pages. 7,20€.
Histoires de l’Inquisition, de Rémy Bijaoui, aux éditions Glyhes. 230 pages. 15,00.
Le nom de la rose, d’Umberto Eco, aux éditions Livre de Poche. 640 pages. 8,90€.

Et pour la jeunesse :

La véritable histoire vraie. Torquemada, de Bernard Swysen et Marco Paulo, aux éditions Dupuis. 64 pages. 12,50€.

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