Les juifs et l’industrie du diamant à Amsterdam

(extrait de l’article « Les juifs et l’industrie du diamant à Amsterdam » publié dans le magazine L’Arche 702)

Lorsque l’on évoque l’industrie du diamant, les images qui nous viennent à l’esprit sont souvent celles de juifs orthodoxes. Au fil des décennies, cinéma et télévision ont habilement entretenu ce lien, jusqu’à en faire un cliché. De Marathon Man en 1976 jusqu’à Everybody Loves Diamonds en 2023, en passant par Il était une fois en Amérique, Une étrangère parmi nous, Snatch ou encore Rough Diamonds, l’image du diamantaire juif semble solidement ancrée.

A l’occasion d’un séjour à Amsterdam et Anvers, j’ai eu envie de partir à la découverte de cette histoire à la fois passionnante et… brillante.

1ère partie : Amsterdam, de la péninsule ibérique aux Pays-Bas

Les premières traces d’un juif faisant commerce de perles et de diamants remontent au 10ème siècle. Il s’agirait de Joseph ben Jacob ibn Awkal, un marchand persan ou tunisien installé à Fostat, première capitale arabe de l’Egypte. Mais c’est cinq siècles plus tard, lorsque les juifs furent expulsés d’Espagne puis du Portugal, que vont naître les prémices d’une industrie diamantaire en Europe du Nord. 

Nombre de ces juifs trouvèrent refuge autour du bassin méditerranée mais également à Bordeaux, à Londres ou aux Pays-Bas, qui deviennent des centres de diaspora séfarade.

En Hollande, libérée du joug de la Couronne espagnole à partir de 1581, Amsterdam occupe une place particulière ; une importante communauté juive est impliquée dans la “re-judaïsation” des arrivants, que l’on nomme de manière générale “les portugais”, peu importe qu’ils soient d’Espagne ou du Portugal. Pour ces marranes maîtrisant mal l’hébreu, des siddourim étaient imprimés en espagnol. Au milieu du 17è siècle, 75% des juifs du pays vivaient à Amsterdam ; et tandis que dans cette nation protestante, les 33% de catholiques doivent encore cacher leurs églises, les juifs quant à eux peuvent édifier des lieux de culte visibles de la rue. Dans une Europe en proie aux guerres de religion, Amsterdam prône la tolérance. 

En 1671 débute la construction de l’Esnoga. Lors de son inauguration quatre ans plus tard, la communauté portugaise compte 898 membres ; l’Esnoga d’Amsterdam est alors la plus grande synagogue du monde.

Lire la suite dans le magazine L’Arche 702.

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