« New York la juive » (2) : Ellis Island, île de l’espoir, île des larmes

Le billet donnant accès à la Statue de la liberté donne également accès à Ellis Island, aujourd’hui musée national de l’immigration. C’est un rendez-vous incontournable et très émouvant pour qui veut suivre les pas des millions d’immigrants passés ici, et comprendre l’Amérique actuelle.

Sur trois niveaux, la visite suit le chemin, étape par étape, qu’effectuaient les immigrants et les passagers de troisième classe et de l’entrepont à leur arrivée sur l’île.

Sitôt passé la très vaste salle des bagages – ceux qui avaient la chance d’en avoir arrivaient parfois avec des vêtements, de la literie, des bougeoirs –, un escalier mène au cœur du centre d’immigration, l’immense salle d’enregistrement, déjà vue dans de nombreux films, dont Hitch, Golden Door, ou plus récemment The immigrant, avec Marion Cotillard.

Les formalités duraient plusieurs heures. Dans un brouhaha où se mêlaient des dizaines de langues différentes, on attendait d’être appelé par un agent de l’immigration. Suivaient alors une liste de 31 questions – le manque de temps ne permettait pas d’en poser autant, certains test ne duraient parfois que six secondes –, puis un examen médical, lui aussi plus ou moins rapide, à l’issue duquel on était autorisé ou non à entrer aux Etats-Unis. Environ 2% des immigrants se voyaient refuser l’accès sur le territoire.

Des examens juridiques pouvaient même avoir lieu dans une salle d’audience toute proche si l’on avait échoué aux contrôles préalables, sur les bancs de laquelle on pouvait retrouver des personnes suspectées de crimes ou de mauvaises mœurs entre autre. Certains d’entre eux se voyaient alors conduit dans la salle de détention provisoire aménagée non loin de là.

La salle de change servait à convertir la monnaie de son pays en dollars américains, donnant ensuite la possibilité d’acheter de la nourriture dans la salle de restauration, voir d’acheter des billets de train pour rejoindre la famille ou les amis qui attendaient.

Gigantesque entreprise, plus de quarante organisations religieuses et sociales opéraient à Ellis Island au plus fort de la vague d’immigration, parfois rejoint par des célébrités comme ce fut le cas pour un jour de Noël, où le chanteur d’opéra Enrico Caruso vint y interpréter La Rondine de Puccini.

Le musée présente nombre d’objets qui ont fait l’histoire du lieu : des bagages, exposés dans le grand hall, des fiches d’inspection, des outils médicaux servant aux examens des nouveaux arrivants, des badges des traducteurs – tous les immigrants ne parlant pas anglais, des traducteurs étaient à leur disposition –, mais aussi des graffitis d’origine sur les murs, témoins de longues heures d’attente, la caisse enregistreuse du stand de restauration ainsi que des monnaies d’époque originaires de dizaines de nations, des livres, des cartes de détention, des billets d’embarquement, des cartes postales, des vêtements…

A noter que seul le bâtiment principal est ouvert à la visite, les autres hôpitaux, dortoirs et bureaux installés dans les bâtiments voisins n’étant pas accessibles. L’audio guide disponible avec la visite s’avère très complet et comporte également des témoignages d’immigrants et d’enfants d’immigrants ayant transité par Ellis Island.

Si vous désirez aller plus loin :

Le dernier gardien d’Ellis Island, de Gaëlle Josse, aux éditions J’ai Lu. 187 pages. 6,00€.

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