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« Oskar Kokoschka, un fauve à Vienne » : l’événement au Musée d’Art Moderne de Paris

Peintre, affichiste, mais aussi poète, écrivain, et dramaturge, Oskar Kokoschka est associé à la Sécession Viennoise, qu’il a contribué à fonder aux côtés d’artistes tels Gustav Klimt, Egon Schiele, ou encore Otto Wagner… 

Mais ce ne sera pas ce dernier qui aura pour le jeune artiste une importance considérable en ce début de 20ème siècle, mais un autre architecte fameux : Adolf Loos.

C’est en effet lui qui, dès les premières années, va intervenir auprès de collectionneurs et de mécènes privés pour faire en sorte que Kokoschka soit commissionné, et rémunéré… Au cours du premier conflit mondial, c’est également Adolf Loos qui interviendra pour que l’artiste puisse intégrer le régiment des Dragons Impériaux, et défendre sa Nation. Une entrée dans le monde militaire qui se fit toutefois au prix de la vente de l’une de ses œuvres, La fiancée du vent, censée payer sa monture.

Les premières toiles d’Oskar Kokoschka, surtout remarquées pour leur violence et leur vulgarité, ne rencontreront évidemment pas le succès attendu. Très tôt, il est qualifié de « fauve », à l’instar d’Henri Matisse, André Derain ou Maurice de Vlaminck en France, tandis que d’autres critiques tels Carl Schorske qualifie son arrivée sur la scène artistique viennoise d’ « explosion dans un jardin ». 

Je suis expressionniste parce que je ne sais pas faire autre chose qu’exprimer la vie.

OSKAR KOKOSCHKA.

Une entrée tumultueuse sur la scène artistique qui n’allait pas évoluer en s’arrangeant, notamment en raison de sa relation houleuse avec Alma Mahler — ancienne épouse de Gustav Mahler puis de Walter Gropius — qu’il rencontre au cours de l’année 1912. On la retrouve d’ailleurs dans deux de ses compositions : Colomb enchaîné et La cantate de Bach.

Blessé à deux reprises au cours du premier conflit mondial, évacué vers Berlin et déclaré inapte, le traumatisme de la guerre se lit alors dans ses toiles. L’Autoportrait qu’il livre en 1917, utilisé pour la communication de l’exposition du Musée d’Art Moderne, en est un parfait exemple : traits anguleux, mains torturées et presque difformes, fond d’un bleu sombre…

Quelques années plus tard, après un passage dans l’enseignement à l’Académie des Beaux Arts de Dresde, il décide finalement de rentrer à Vienne où son art, toujours incompris, est parfois lacéré.

Ce n’est pas dans le pays qui l’a vu naître qu’aura lieu sa première exposition personnelle, mais à Paris, en 1931, où il vient chercher inspiration et reconnaissance internationale. Malgré un accueil enthousiaste du public et de la critique, la crise économique des années trente met un terme brutal à une ascension balbutiante. Les commandes se font rares.

N’ayant d’autre choix, il rentre à nouveau à Vienne où il va être violemment confronté à la montée des extrémismes et du fascisme. Dès janvier 1933, après l’accès d’Hitler à la chancellerie, Oskar Kokoschka s’engage publiquement contre le nazisme, et tente d’alerter l’Europe sur les menaces que représente l’Allemagne et son dirigeant. Et les nazis le lui rendront bien : Kokoschka est propulsé « représentant » de l’art dégénéré.

Plus de six-cents de ses œuvres sont décrochées des musées ou saisies dans des collections particulières. Il occupe une place de choix dans l’exposition itinérante Entartete Kunst, avec neuf de ses toiles exposées à Vienne, Berlin et Munich. 

En guise de réponse, il livre un Autoportrait en artiste dégénéré en 1937.

A l’initiative de Oldriska Palkovska, qu’il épouse en 1941, Oskar Kokoschka quitte une Europe centrale aux portes de la guerre pour Londres en 1938, où il lui faut repartir de zéro dans un pays qu’il ne connaît pas, et où il n’est pas reconnu. Malgré une vie de dénuement, il s’implique avec ferveur dans l’Association culturelle allemande libre en Grande-Bretagne, au sein de laquelle il côtoie un certain… Stefan Zweig. Une période artistique qui sera marquée par des compositions de petites tailles dues aux difficultés d’approvisionnement. 

Neuf ans après son arrivée en Grande-Bretagne, Oskar Kokoschka obtient la citoyenneté britannique, tandis que la Kunsthalle de Bâle lui consacre une grande rétrospective. Deux ans plus tard, ce sera au tour du MoMA de New York. Il acquiert dès lors une renommée internationale.

En 1975, près de neuf décennies après sa naissance, Oskar Kokoschka reprend enfin la nationalité autrichienne qui l’a vu naître. Il meurt en février 1980 à l’âge quatre-vingt-seize ans à Montreux, en Suisse, d’une attaque cérébrale.

Oskar Kokoschka, un fauve à Vienne, jusqu’au 12 février 2023 au Musée d’Art Moderne de Paris.

Si vous désirez aller plus loin :

Oskar Kokoschka, un fauve à Vienne, catalogue de l’exposition, aux éditions Paris Musées. 304 pages. 49,00€.
La poupée de Kokoschka, d’Hélène Frédérick, aux éditions Verticales. 224 pages. 19,50€.
Le moment viennois : chroniques de la modernité à l’époque de la Sécession viennoise, de Pascal Morand, aux éditions Eyrolles. 214 pages. 19,90€.
L’oeil immuable : articles, conférences et essais sur l’art, d’Oskar Kokoschka, aux éditions L’Atelier. 454 pages. 25,00€.
Vienne, Art Nouveau, de Janina Nentwig, aux éditions Place des Victoires. 400 pages. 39,95€.

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1 commentaire sur « Oskar Kokoschka, un fauve à Vienne » : l’événement au Musée d’Art Moderne de Paris

  1. Bonjour,
    nous sommes 4 artistes , 3 peintres et une sculptrice sur un mode abstrait.
    qui allons exposer 45 rue d’Aboukir du 1° au 10 décembre 2022.
    Le titre de l’exposition  » les murs ont des racines ».
    Peut-on vous faire parvenir une invitation? ou bien un communiqué de presse et un dossier de presse? à quelle adresse mail? En vous remerciant bien Élisabeth Laplante

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