Le musée Camondo, de la demeure au musée

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Peu connu des touristes et des parisiens, lui préférant souvent le Louvre, Orsay ou le Centre Pompidou, le superbe musée Nissim de Camondo, érigé à deux pas du très huppé parc Monceau, est un endroit où le temps semble s’être arrêté.

Avec son architecture largement inspirée du Petit Trianon de Versailles, son agréable odeur de parquets fraichement cirés et son très beau jardin, trois niveaux de pièces se succèdent, abritant la considérable collection de Moïse de Camondo. Passionné par l’art du 18ème siècle, ce dernier a rassemblé pendant cinquante ans des centaines d’objets, de meubles, et de tableaux provenant de l’ancienne aristocratie française et composant un ensemble exceptionnel, préservé dans un luxueux écrin.

A sa mort en 1935, Moïse de Camondo lègue à l’Union Française des Arts Décoratifs l’hôtel particulier, ainsi que tout ce qu’il renferme. Encadré de nombreuses clauses, ce leg stipule entre autre que la demeure doit être transformée en musée, et qu’aucun objet ne doit être retiré, ni même déplacé.

Dès 1936, une série de photographies des intérieurs est prise, et en 1940, l’ensemble du mobilier et des oeuvres est vidé et mis à l’abri au château de Valençay pour échapper au pillage nazi. Lors de leur réinstallation, à l’issue du conflit, les priorités de conservation et de sécurité rendent difficiles l’application de ces clauses. Des barrières de mises à distance sont installées le long du parcours, des meubles sont restaurés ou déplacés pour dégager le passage, des objets sont mis sous cloches de verre ou descendus en réserve…

Jusqu’au 6 avril 2014, 21 de ces clichés noir et blanc sont présentés dans l’ancienne chambre de Moïse de Camondo et dans la salle d’habillage de son fils Nissim, permettant aux visiteurs d’apprécier la demeure telle qu’elle était à l’époque. Du salon des Huet présentant les « scènes pastorales » jusqu’au grand salon, où Moïse de Camondo conservait nombre de ses objets, de la salle à manger ouvrant sur le jardin au petit bureau, du salon bleu, destiné à l’usage privé jusqu’à la bibliothèque où était conservée la documentation artistique, cette présentation tente de mettre en lumière toute la complexité de concilier à la fois les souhaits de Moïse de Camondo tout en se pliant aux exigences actuelles, dans le respect du collectionneur.

On regrettera cependant que les photographies n’aient pas été intégrées in situ dans les pièces auxquelles elles se rapportent, rendant difficile une comparaison avant/après.

De la demeure au musée, jusqu’au 6 avril 2014 au Musée Camondo.

Si vous désirez aller plus loin :

Le dernier des Camondo, de Pierre Assouline, aux éditions Folio. 338 pages. 8,40€.

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