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« Porte de Champerret », d’Evelyne Bloch-Dano

Dans Porte de Champerret, l’auteure prend le relais des souvenirs de sa mère dont la mémoire a vacillé, et ainsi se souvient.

porte de champerret evelyne bloch danoCes pages, qui retracent la vie de cette famille juive et française, évoquent l’injonction de Yehuda Leib Gordon : « Sois un homme à l’extérieur et un Juif à la maison ».

Voici donc une famille juive et française fondée par deux rescapés de la Shoah avec leur envie de vivre. Ils taisent ce qui a disparu dans leur monde. Et Evelyne Bloch-Dano se rappelle la rencontre de ses parents, leur vie, leur quartier, et son enfance aussi. Elle raconte les traditions juives suivies et celles délaissées. Et entre deux souvenirs, elle parle de sa mère aujourd’hui, de leurs rencontres, des conséquences d’Alzeihmer bien sûr, puis sur elle-même, qui essaie de ne pas se souvenir de celle-ci avant car la comparaison est trop douloureuse.

Elle écrit également sur le silence volontaire d’après-guerre. L’oubli de la mère fait  remonter des noms jamais évoqués et l’entraîne vers une recherche familiale. Un devoir de mémoire naît d’une perte de celle-ci.

La maladie est évoquée sans plainte, sans tristesse, comme une page qui prévient qu’elle va se tourner avec des visites tristes et des visites plus joyeuses, en fonction de l’interaction entre la visiteuse et la malade, celle-ci dépendant finalement des deux.

Au final ce livre retrace un demi siècle de vie parisienne avec les changements urbains qui, sans être aussi spectaculaires que ceux d’Haussmann, n’en sont pas pour autant anodins.

Porte de Champerret est un livre très doux qui permet un regard un peu plus serein sur la vieillesse et sur une maladie qui effraie, évoquant également la perte de mémoire d’une rescapée qui peut parfois entraîner pour les proches une découverte d’un passé enfoui avec ses morts.

Sophie MASSON pour Cultures-J.com.

Porte de Champerret, d’Evelyne Bloch-Dano, aux éditions Livre de Poche. 192 pages. 6,10€.

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