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Rentrée littéraire : « L’homme sans maladie », d’Arnon Grunberg

Samarendra Ambani, Sam comme on l’appelle, plus simple et moins exotique, naïf et idéaliste architecte d’origine indienne, vit à Zurich où il est associé avec Dave Lascombe.

homme sans maladie arnon grunbergLorsqu’un milliardaire irakien, passionné de Puccini, lance un appel international pour la construction du futur opéra de Bagdad – toutes les démocraties du monde ne possède-t-elle pas leur opéra ? –, Sam est ravi d’apprendre que son projet figure parmi les trois retenus.

Il s’envole donc quelques jours plus tard pour l’Irak où il doit présenter ses plans et repérer in situ l’emplacement du chantier. Mais arrivé à son hôtel, il découvre en ouvrant sa valise que tous ses vêtements de marque lui ont été volés à l’aéroport, et remplacés par d’autres, aussi difformes que bon marché.

Placé sous très haute surveillance, Sam ne se méfie pas du service de sécurité censé le protéger. Aussi, lorsqu’il découvre que ce qu’il croyait être son hôtel n’est en fait qu’une villa dans laquelle il a été abandonné et livré à lui-même, sa stupeur est grande. De plus, ses papiers et son passeport ayant été confiés aux membres du service d’ordre disparu, il ne peut même plus prouver son identité.

Errant dans les rues désertes et poussiéreuses de Bagdad à la recherche de l’ambassade de Suisse, il est enlevé et réalise vite qu’on le prend pour un espion. Ses plans, ses notes, même le mot de passe d’un réseau wifi deviennent autant de messages codés,  secrets, son projet d’opéra devenant dès lors l’ « Opération Puccini ».

Battu, séquestré, humilié durant plusieurs jours, il sera finalement secouru par la Croix Rouge.

Mais comme si cette expérience traumatisante ne lui avait pas servi de leçon, Sam ne tarde pas à s’embarquer, en compagnie de Dave cette fois-ci, pour Dubaï où les deux hommes ont en charge la construction de la nouvelle bibliothèque de l’émirat.

Arrêté par la police pour possession illégale d’alcool, Sam doit s’expliquer sur sa présence dans le pays et sur ses relations avec un certain Mahmoud al-Mabhouh, un trafiquant d’armes de Gaza fournisseur du Hamas et responsable de l’enlèvement de soldats israéliens, assassiné dans un hôtel de la ville quelque semaines plus tôt, opération attribuée au Mossad dont les 27 membres sont entrés à Dubaï avec de faux passeports. Accusé de complicité dans cet assassinat, Sam est condamné à mort.

Décalé, dérangeant, parfois violent, L’homme sans maladie est ponctué de nombreuses anecdotes tirées de faits réels, comme le discours d’Aviv Kochavi, général israélien commandant les opérations de désengagement de Gaza en 2005, ou encore le meurtre de Mahmoud al-Mabhouh, appelé le DubaïGate par les médias, qui provoqua un tollé début 2010 à cause du manque de discrétion du Mossad et eut de sérieuses répercussions diplomatiques. A moins que ce manque de discrétion n’ait été volontaire en guise d’avertissement d’Israël envers les ennemis de l’Etat hébreu, montrant ainsi que nul terroriste n’est à l’abri, fut-ce dans un émirat du Golfe.

Récompensé à de nombreuses reprises – Prix Ako en 2000 pour Douleur fantôme, Prix Libris en 2007 pour Tirza, L’homme sans maladie est le troisième roman d’Arnon Grunberg publié aux éditions Heloise d’Ormesson après Messie Juif et Notre Oncle, respectivement en 2007 et 2011.

L’homme sans maladie, d’Arnon Grunberg, aux éditions Heloïse d’Ormesson. 250 pages. 18,00€.

Si vous désirez aller plus loin :

Tirza, d’Arnon Grunberg, aux éditions Actes Sud. 430 pages. 24,20€.
Le bonheur attrapé par un singe, d’Arnon Grunberg, aux éditions Actes Sud. 140 pages. 14,20€.
Le Messie Juif,  d’Arnon Grunberg, aux éditions Heloïse d’Ormesson. 547 pages. 23,00€.
L’oiseau est malade, d’Arnon Grunberg, aux éditions Actes Sud. 413 pages. 23,40€.

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