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« Le chemin du bonheur » : Simon Abkarian en enfant des Kindertransport

Bruxelles, de nos jours. Propriétaire d’un delicatessen spécialisé dans la gastronomie ashkénaze et entièrement dédié au cinéma, Saül Birnbaum est incollable sur tout ce qui touche au 7ème art et ses répliques les plus fameuses.

Autour d’affiches de Casablanca ou de Grand Hotel, il divertit lui-même sa clientèle d’habitués en rejouant des scènes de films cultes, offrant à ses clients des gâteaux ou des déjeuners s’ils découvrent le film auquel elles appartiennent.

Enfant, à l’école, il mimait déjà des acteurs sur l’estrade de la classe, avec une canne et d’autres accessoires. Saul aurait aimé faire du cinéma mais ses parents avaient refusé. Il lui fallait « un vrai métier », fourreur ou joaillier par exemple.

« Il n’y a que trois génies dans le monde : Albert Einstein, Léonard de Vinci, et Charlie Chaplin. »

Extrait du film « Le chemin du bonheur ».

Saül Birnbaum s’est également attelé à l’écriture d’un scénario pour le film de son ami Joakin, chilien ayant fui la dictature de Pinochet. 

L’enfant caché raconte l’histoire d’un petit garçon dans la Vienne de 1938 qui fuit l’Autriche à bord d’un kindertransport. Un projet qui lui tient particulièrement à cœur, et une tragédie qu’il a personnellement vécue puisque cette histoire, c’est la sienne.

D’origine autrichienne, la famille Birnbaum s’est installée à Bruxelles dans les années 40 et a bénéficié, comme d’autres familles juives à l’époque, de la protection provisoire de la souveraine, Elisabeth en Bavière.

D’origine allemande, la reine des Belges sera par la suite reconnue Juste Parmi les Nations en raison de ses actions en faveur des juifs du pays.

C’est à Bruxelles également que le jeune Saül découvre le cinéma, quasiment élevé dans les salles obscures du Nova. Un autre point commun que ne manque pas de soulever Simon Abkarian, qui campe ici le personnage de Saül : 

« Quand j’étais enfant au Liban, j’étais tout le temps fourré dans les salles de ciné. Comme mon père connaissait tout le monde dans le quartier, on m’y laissait rentrer gratuitement. »

Simon Abkarian.

Et ce rôle fort, Simon Abkarian le voulait, et l’attendait depuis plusieurs années

Tiré du livre de Michel Fessler et Henri Roanne-Rosenblatt, Le cinéma de Saül Birnbaum, Le chemin du bonheur a été présenté pour la toute première fois en sélection officielle au Festival du Film francophone d’Angoulême en août 2021. Signé du réalisateur Nicolas Steil, qui achève ici son deuxième long-métrage en tant que réalisateur après Réfractaire en 2008, il a été tourné en français, allemand et yiddish entre la Belgique et le Luxembourg.

Côté distribution, on retrouve donc l’excellent Simon Abkarian, que l’on a déjà eu notamment le plaisir de voir dans Prendre femme, Les sept jours et Le procès de Viviane Amsalem, la trilogie de Shlomi et Ronit Elkabetz. L’acteur d’origine arménienne campe ici un rôle fort et bouleversant, et pour lequel il avait manifesté très tôt son intérêt.

« En ce qui concerne Le chemin du bonheur, je savais depuis longtemps que Nicolas Steil voulait me confier le rôle de Saül. À cause de ses difficultés de production, j’ai dû, comme souvent dans notre métier, attendre. Longtemps. Plusieurs années même. J’ai patienté parce que la ténacité de Nicolas me touchait et parce que j’aimais énormément le scénario. »

Simon Abkarian.

A ses côtés, Mathilda May, Héléna Noguerra ou encore Pascale Arbillot, déjà vue dans l’excellente mini-série de TF1 Résistance, et qui incarne le troublant personnage d’Hannah Moskowicz, dont l’arrivée dans la vie de Saül va le confronter à son passé le plus enfoui.

Un film touchant, et un témoignage toujours nécessaire.

Le chemin du bonheur, de Nicolas Steil, en salle le 15 juin 2022.

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