Ad

« Les faux british », une parodie à l’humour anglais… décalé

Tout avait pourtant si bien commencé dans ce décor kitsch de salon victorien : on nage dans le vert sombre, le brun et l’or, la Liseuse, en plein milieu de l’espace, est accueillante, la comtoise tic-tac comme il se doit et, dans la cheminée, crépite un feu de bois très « carte postale ».

Mais déjà, alors que les spectateurs sont en train de s’installer, une régisseuse s’affaire en vain à faire tenir d’aplomb un manteau de cheminée qui s’obstine à s’effondrer et, comme annonce-micro, on ne nous invite pas à éteindre notre portable mais à aider les comédiens à chercher le petit chien, un des membres de l’équipe, qui semble avoir disparu…

Tout commence à s’emballer. Les niveaux de loufoquerie vont s’empiler les uns sur les autres. Un groupe d’admirateurs du roman noir anglais sont heureux de nous convier à leur réunion annuelle à l’occasion de laquelle ils vont nous interpréter une pièce qui pourrait être, disent-ils, d’un auteur célèbre. On est dans la parodie.

Débute une pièce d’un faux Conan Doyle qui s’en serait allé prendre des cours d’anglais du côté de chez les Monty Python. On est dans la parodie de la parodie.

Puis les comédiens se mettent à camper avec délectation une caricature du pire théâtre amateur de patronage : oublis de texte, liaisons « mal-t-à-propos », entrées de scènes ratées, incidents de jeu, pertes d’accessoires… On est dans la parodie de la parodie… de la parodie.

Et s’ensuit une avalanche de gags burlesques qui amènent le spectateur, au fur et à mesure que se déglinguent tout à la fois le décor et l’intrigue, quelque part entre Tex Avery et les Marx Brothers.

Il est rare, et précieux, de pouvoir rire ainsi de très bon cœur à un spectacle qui n’est jamais ni cruel ni vulgaire, mené par sept comédiens exceptionnels de drôlerie et de légèreté, mis en scène avec une efficacité millimétrée qui n’est pas sans évoquer, parfois, les grands comiques du cinéma : Chaplin, Keaton ou Harold Lloyd.

Les faux british est un spectacle enivrant de bonne humeur. Inutile de chercher à suivre l’intrigue, qui par ailleurs fait référence à quelques classiques du genre mais avec distance et aucun esprit de sérieux, inutile non plus de vouloir comprendre ou raisonner, il suffit de se laisser porter à cette intense émotion du rire…

Pourvu qu’il ne vienne jamais, jamais, jamais à l’esprit de ces « faux british » de nous faire un vrai brexit !

Les faux british, actuellement au théâtre Saint-Georges.

Partagez vos impressions

Cet article vous intéresse ? Laissez un commentaire.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.