18 March 2019
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« Trois jours à Jérusalem », le second roman de Stéphane Arfi

En pleine crise d’adolescence, le jeune Joshua s’est enfui. Il ne supporte plus son père et ne sait que faire du secret de famille qui lui a été transmis : il est le fils du Ciel !

Qu’à cela ne tienne, il décide de ne pas rentrer avec ses parents du pèlerinage de Pessah au Temple. Il restera, et puisque le Ciel est son père, il se rendra seul au Temple chercher des explications. Et qu’on ne lui parle pas d’amour, il en est écœuré.

A travers plusieurs rencontres, Stéphane Arfi donne vie à la Jérusalem d’alors et à ses personnages. Il y a Kaïffa et Khânân, mais aussi Hillel et son petit fils Gamaliel. On y trouve également les personnages des Evangiles, Myriam, Yossef et Yohanan, ou encore le lépreux, la prostituée et des enfants.

Ainsi, durant ses trois jours à Jérusalem, Joshua peut observer, se révolter, essayer d’aider. L’auteur plonge son lecteur en humanité.

Trois jours à Jérusalem est un ouvrage à lire non seulement pour l’imagination de Stéphane Arfi, qui donne vie à cette fugue de Jésus alors qu’il avait douze ans, et pour la description faite par l’auteur du petit peuple de Jérusalem qui vit, qui souffre, qui prie et celle des grands qui intriguent ou étudient, mais aussi pour le récit en lui-même, dans lequel Stéphane Arfi semble prendre des libertés, comme par exemple la bar-mitsva à douze ans de Joshua. Des libertés qui peut-être étonnent ou divertissent, mais peuvent également inciter à approfondir les connaissances dans cette période.

Trois jours à Jérusalem, de Stéphane Arfi, aux éditions Lattès. 288 pages. 18,50€.

Si vous désirez aller plus loin :

Lois et récits de Pessah, aux éditions Torah Box. 389 pages. 15,00€.
Cuisine des fêtes juives, de Laurence Phitoussi, aux éditions Solar. 248 pages. 27,00€.

Et pour la jeunesse :

– Je colorie Pessah, aux éditions MJR.40 pages. 5,94€.

1 commentaire sur « Trois jours à Jérusalem », le second roman de Stéphane Arfi

  1. À l’origine du troisième roman de Stéphane Arfi – Trois jours à Jérusalem – : une idée lumineuse. Mais qu’est-ce que le jeune Jésus a bien pu faire lors de sa fugue de trois jours à Jérusalem ?
    L’Évangile de Luc (2, 41-52), qui relate l’un des très rares épisodes de l’enfance de Jésus, n’en dit rien.
    On sait seulement que le petit garçon d’une douzaine d’années, après avoir échappé à la vigilance de ses parents au milieu de la caravane qui s’en retourne vers Nazareth, revient sur ses pas.
    Fous d’inquiétude, Joseph et Marie retrouvent leur fils, trois jours plus tard, en compagnie des docteurs de la loi, à qui il fait la leçon. Les retrouvailles donnent lieu à un curieux échange.
    Mais que s’est-il passé durant cette escapade ? Stéphane Arfi imagine un parcours dense, au fil de rencontres riches et profondes. C’est un joli conte philosophique qui se place du point de vue d’un enfant pas comme les autres.
    Jésus n’est-il pas le « fils du Ciel » ? Il a beau le savoir, il s’en révolte bien plus qu’il ne s’en réjouit. Ce Ciel, en effet, loin d’assurer le bonheur aux humains, les accable bien souvent de terribles maux.
    Quel est le secret du bonheur ?
    Comment être heureux dans ces conditions ? Quel est le secret jusqu’alors réservé à de rares initiés que Jésus révélera au prix de sa mort ? Ce n’est pas l’amour, contrairement à une interprétation erronée, mais la bonté qui sauvera le monde.
    Superbe intuition de l’auteur qui nous livre une histoire à la fois belle et simple, donc utopique. Stéphane Arfi rejoint ici Paul Ricœur pour qui : « si la religion, les religions, ont un sens, c’est de libérer le fond de bonté des hommes, d’aller le chercher là où il est complètement enfoui ».
    En participant à cette libération, Stéphane Arfi nous offre une perspective, dans un monde qui tremble sous les épreuves. Il la dessine dans un style épuré qui tranche avec les accents céliniens de son précédent roman – La Vie magnifique de Frank Dragon – , et avec le récit poignant du suicide de son père (Devance tous les adieux), mais c’est aussi sa force.

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