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« Une semaine et un jour », le premier film très prometteur d’Asaph Polonsky

Le film commence au dernier jour du Shiv’ah, les sept jours de deuil dans la tradition juive, où les proches font preuve de soutien et de solidarité envers la famille endeuillée.

une-semaine-et-un-jour-afficheLa vie doit reprendre son cours malgré le drame. Le principe de la réalité resurgit brutalement.

Tandis que Vicky fait preuve de courage en reprenant ses activités comme ses cours, son jogging ou son rendez-vous chez le dentiste, Eyal, son époux, décide de se détacher du quotidien. Il se rend à l’hôpital dans le but de récupérer la couverture de son défunt fils, mais ne la retrouve pas. En fouillant sa chambre, il met la main sur un paquet  de plantes médicinales. Comme un ado, il repart avec le paquet planqué dans son slip, et de retour chez lui, tente tant bien que mal de se confectionner un pétard, sans succès.

Eyal va solliciter l’aide de son jeune voisin Zoller, livreur de sushis, pour arriver à ses fins. Une complicité se crée alors entre les deux hommes pourtant d’âge différents. Ensemble, ils partagent un moment de liberté, d’évasion, apportant au père endeuillé un certain apaisement.

Bien que compréhensive, Vicky reste impuissante face à la situation.

Une semaine et un jour est le premier long-métrage d’Asaph Polonsky. Le film a remporté en 2015 le prix « Work in Progress » du Festival de Haïfa.

« J’avais envie de montrer l’absurdité de la situation avec humour, de poser un regard lumineux et vivant sur une histoire triste. Pour faire plus simple, j’aime passer du rire aux larmes, alors j’ai essayé de réunir les deux », explique le réalisateur.

L’humour est omniprésent tout au long du film : par les réactions décalées d’Eyal et ses excès spontanée de colère, ou encore par les délirantes divagations de Zooler. La scène où ce dernier improvise une séquence de « air guitare », activité qui consiste à mimer le geste d’un guitariste sans avoir l’instrument en main, est totalement hilarante.

Les deux acteurs principaux, Shai Avivi et Evgenia Dodina, sont très populaires en Israël. Shai Avivi est surtout connu pour ses rôles dans des comédies et ses stand-up. Il a joué notamment dans Atomic falafel et Kidon.

Evgenia Dodina est quant à elle célèbre pour ses rôles dramatiques, comme dans L’attentat de Ziad Doueiri par exemple. Le couple qu’ils forment dans Une semaine et un jour est efficace, tout à fait crédible. On s’identifie aisément aux personnages, on partage leur peine.

Enfin, Tomer Kapon, qui interprète Zooler, dévoile une vraie performance de comédien, irrésistiblement drôle. Il a joué dans la série-culte israélienne Hostages, et également dans Une histoire d’amour et de ténèbres, de Natalie Portman.

Il convient aussi de souligner la bande-son du film, aux sonorités électro-rock, et composée par Tamar Aphek, figure emblématique du rock israélien. Une musique qui donne un équilibre au film, entre force et fragilité.

Avec Une semaine et un jour, Asaph Polonsky signe un premier long-métrage audacieux avec des personnages attachants, et parvient à allier situation tragique et comédie, l’humour permettant de faire face au drame.

Un bon moment de cinéma !

Une semaine et un jour, d’Asaph Polonsky, en salle le 14 décembre 2016.

Jean-Yves DEVENDEVILLE pour Cultures-J.com.

Si vous désirez aller plus loin :

Epilogue, d’Amir Manor. DVD. 96 minutes.
Kidon, d’Emmanuel Naccache. DVD. 100 minutes.
L’attentat, de Ziad Doueiri. DVD. 105 minutes.
L’attentat, de Yasmina Khadra, aux éditions Pocket. 256 pages. 7,40€

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