Et aussi sur Cultures-J.com

« Donne-moi encore cinq minutes », le premier roman de Yonatan Berg

A travers Yoav et Bnaya, Yonathan Berg raconte le quotidien d’une implantation en Judée-Samarie, non pas « médiatiquement », mai par les divers événements qui jalonnent le roman et précèdent un événement, lui, ô combien médiatique : le démantèlement de l’implantation contre le gré de ses habitants.

Le récit rend compte des tensions et changements que ce démantèlement engendre.

Bnaya et Yoav, anciens amis, ont perdu le contact. Ce dernier a quitté à la fois implantation et religion. Il ne parvient pas à se remettre d’un événement survenu lors son service militaire, et se réfugie dans l’alcool et dans toutes sortes de drogues. Mais voici qu’un mauvais « trip » le ramène face aux protagonistes de l’histoire. Yoav revit tout. Il ne peut plus reculer, il va devoir affronter ses souvenirs.

Bnaya, lui, vit toujours dans l’implantation qui l’a vu grandir. Rabbin dans une école, il est marié et père de deux enfants. Dans sa vie sans histoire, suivant une voie pré-tracée, il étouffe sans vouloir se l’avouer. Un événement va cependant l’obliger à s’engager au-delà de ses obligations familiales et professionnelles. En sortant de la synagogue Bnaya suit une bande de jeunes et assiste à ses dépends à une scène d’intimidation au domicile de Noam, un membre de l’implantation. Noam préfère anticiper le démantèlement, et de plus, désire chercher le dialogue avec le voisin palestinien, pensant qu’une cohabitation pacifique, sans peur, est possible. Une initiative qui déplaît d’autant pas que la mémoire de proches assassinés est encore douloureuse pour une partie des habitants.

A partir de là, le quotidien de Yoav et de Bnaya se trouve chamboulé. Ils ne se fréquentent plus mais chacun se voit forcé de quitter sa « zone de confort » à travers des choix qui, d’une manière ou d’une autre, les transforment.

Dans Donne-moi encore cinq minutes, Yonatan Berg permet d’autant plus de mieux comprendre la réalité des implantations qu’il y a vécu.

Le temps de quelques centaines de pages, il ne s’agit plus de faits relayés par les journaux de manière plus ou moins déformée, mais de la vie de personnes avec leur quotidien, leurs moments de joie et leurs peines.

Sophie MASSON pour Cultures-J.com.

Donne-moi encore cinq minutes, de Yonatan Berg, aux éditions L’Antilope. 512 pages. 23,50€.

Si vous désirez aller plus loin :

Israël-Palestine : une terre, du sang, des larmes, aux éditions J’ai lu. 125 pages. 3,00€.
Atlas géopolitique d’Israël : les défis d’une démocratie en guerre, d’Alexandre Nicolas et Frédéric Encel, aux éditions Autrement. 96 pages. 24,00€.

1 Trackbacks & Pingbacks

  1. Vivre ou ne pas (plus) vivre dans les territoires occupés? | La Malle aux histoires

Cet article vous intéresse ? Laissez un commentaire.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.