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« La belle promise », premier long-métrage de Suha Arraf

Badia quitte son orphelinat et débarque à Ramallah chez ses trois tantes à la Villa Touma, une demeure bourgeoise, dans l’espoir de trouver une vie meilleure.

la belle promise suha arrafLes trois sœurs, Antoinette, Violette et Juliette, issues de l’aristocratie chrétienne, vivent en autarcie depuis qu’elles ont perdu leurs privilèges après la Guerre des Six Jours de 1967 avec Israël. Totalement coupées du monde extérieur, elles mènent leur vie en appliquant des règles de conduite strictes.

Leur quotidien va être chamboulé par l’arrivée de leur nièce. Elles vont parfaire son éducation en lui inculquant des cours de piano et de bonne conduite, et se donnent pour mission de lui trouver un mari de bonne famille.

Pour cela, elles organisent des « goûters » dans leur demeure restée vide depuis plus de 30 ans, et vont à nouveau mettre le nez dehors pour assister aux différentes cérémonies de leur quartier, mariages et enterrements, en espérant y dénicher l’époux idéal.

C’est lors de l’une de ces cérémonies de mariage que Badia tombe sous le charme d’un jeune chanteur. Khaled, musulman, vient du camp de réfugiés de Kalandia. Badia va vivre son idylle à l’insu de ses tantes, jusqu’au jour où le scandale éclate… Le déshonneur et la réputation de la famille sont mis en cause.

La Belle Promise, dont le titre original est Villa Touma, a été tourné à Haïfa en Israël. Il fonctionne comme un huis-clos, et se déroule essentiellement à l’intérieur de la villa où le temps semble s’être figé dans les années 60, avec les mœurs, les tenues vestimentaires, l’ambiance et les meubles propres à cette décennie.

La réalisatrice explique : « Je voulais créer un choc lorsque les femmes sortent dans les rues de Ramallah pour la première fois, et qu’on découvre que le film se déroule en fait dans les années 2000. »

Suha Arraf réalise ici son premier film. Auparavant, elle a été scénariste sur certains films d’Eran Riklis dont La fiancée syrienne et Les citronniers, tous deux salués par la critique internationale.

Avec cette comédie dramatique tout à fait réussie et aussi prenante que La fiancée syrienne, la réalisatrice souhaitait montrer la Palestine sous un autre jour, en mettant en avant la réalité de la vie et le côté humain trop souvent délaissé.

« J’avais l’impression que cela manquait aux films palestiniens où nous sommes dépeints soit comme héros, soit comme victimes, sans jamais parler des êtres en tant que personne. C’est précisément le sens de ma démarche. » explique Suha Arraf.

Le trio des sœurs, joué par Nisreen Faour, Cherien Dabis, et Ula Tabari, vue dans le Munich de Steven Spielberg, fonctionne à merveille tandis que Maria Zreik incarne Badia la jeune nièce, avec une extrême justesse.

A noter la présence de Nicholas Jacob dans le rôle de Khaled, déjà remarqué dans le film Alata sorti en 2012.

La belle promise, en salles le 10 juin, a été nommé à la Mostra de Venise 2014.

Jean-Yves DEVENDEVILLE pour Cultures-J.com.

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