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« La plus précieuse des marchandises », un conte de Jean-Claude Grumberg sur les planches du Rond-Point

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On attend toujours avec impatience les nouvelles pièces de Jean Claude Grumberg, auteur prolifique et au talent confirmé,  scénariste, lauréat de nombreux prix et qui a été joué et traduit dans plusieurs pays.

La plus précieuse des marchandises, écrit il y a plusieurs années mais reprise depuis peu,  s’avère être un conte pour adultes. Et comme dans la plupart des contes qui ont bercé — ou terrifié — notre enfance, celui-ci réunit tous les ingrédients de tout conte : la neige, le froid, la foret, la misère, des pauvres gens et des grands ogres qui transportent des personnes vers une destination fatale puis les dévorent. Et surtout la peur qui domine…

Sur scène, des rondeaux de bois, une machine à coudre et un violon, une vidéo de train qui passe sur un fond sonore inquiétant.

La bûcheronne raconte : elle n’a pas d’enfant ; elle se lamente, elle regarde les trains passer, inlassablement. Puis un jour, elle voit qu’on lance un paquet d’un wagon. C’est une petite fille, qui appartiendrait à la communauté des sans coeurs, enveloppée d’un beau châle blanc et bleu aux fils d’or. Un châle de prière.

C’est un cadeau inattendu pour ce couple en mal d’enfant. Ils la recueillent, la chérissent, l’éduquent, et elle devient… la plus précieuse des marchandises.

Ils se battent pour elle, pour la nourrir, rencontrent de bonnes âmes, se font menacer, dénoncer alors que dans le train, les parents de la petite fille vivent l’enfer ; enfer, dont seul le père sortira. Il n’aura dès lors de cesse de chercher sa fille et de croire au miracle. 

Un jour de marché, il rencontre sa fille avec la bucheronne. Et il passe son chemin. 

« Qu’est ce qui est vrai dans toute cette histoire ? » se demande l’auteur. Seul compte l’amour pour cette petite fille qu’il fallait sauver…

On retrouve la pâte de Jean-Claude Grumberg qui contient son œuvre entière : faire rire et pleurer à la fois, et dire encore et toujours la barbarie avec ironie, poésie, et une certaine distance qui « mettent en demeure de penser et sauver peut-être du chagrin. »

« […] parce que le monde explose, il faut bien continuer à raconter des  histoires fausses. Jouer à dire la catastrophe, chanter le désastre, ce sera le rôle des acteurs. »

Charles Tordjman, metteur en scène.

Les comédiens Eugénie Anselin et Philippe Fretin s’y attellent avec bonheur. La pièce a déjà fait l’objet de nombreuses lectures par Olga Grumberg, et promet un succès mérité.

La plus précieuse des marchandises, actuellement au théâtre du Rond-Point.

Si vous désirez aller plus loin :

La plus précieuse des marchandises. Un conte, de Jean-Claude Grumberg, aux éditions Points. 128 pages. 5,70€.

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