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« La vie rouge coquelicot », le nouveau roman de Pol-Serge Kakon

« La vie rouge coquelicot » est le 5 ème roman de Pol Serge Kakon, après « La porte du lion », « Kahena la magnifique », « Rica la vide », « L’opéra Plouf  » et « L’amour à bout de souffle », un essai sur Romain Gary et Jean Seberg.

Également peintre et compositeur- interprète, Pol-Serge Kakon a été le fondateur du Bateau Ivre, haut lieu de la chanson poétique.

Il retrace dans ce livre le parcours mouvementé de Jack. J Minkowski, dont les parents Micha et Sonia, peintres appartenant à l’École de Paris, ont été déportés suite à une dénonciation. Tout jeune, Jack a été élevé par Hélène et Robert, deux Justes qui ont bien connu ses parents.

Le jeune garçon, profondément attaché à ses parents adoptifs et à son parrain, Socrate, ancien Résistant et professeur de philosophie, passe beaucoup de temps dans les vignes du Bordelais, dans la maison familiale La Palombière. Lui-même est peintre, connu et reconnu, qui a exposé entre autres à New York.

Tout semble sourire  à Jack, surtout quand il rencontre dans la Grosse Pomme Annie, la belle séfarade avec qui il qui vivra un grand amour. Mais une hantise l’habite… Ses parents lui parlent d’un dessin peint par Modigliani lui même, qui s’avère  être un portrait de sa mère Sonia, réalisé à Montparnasse. En manque de ce tableau disparu dans la tourmente de la guerre, il n’aura de cesse de le rechercher.

Le récit est aussi prétexte à faire découvrir le monde de l’art dans l’époque lumineuse des peintres de l’École de Paris, à Montparnasse : Soutine, Pascin, Modigliani, Kikoine, Mane Katz… qu’il retrouve en photo aux côtés de ses parents, avec une intense émotion.

Dans ce roman, il est aussi question d’un concept du Talmud, le Tikoun Olam, ou la « réparation du monde », comme il l’écrit :

« Avec Socrate, nous avions parlé toute une soirée, surtout lui, du Tikoun Olam en hébreu,  »la réparation du monde » dont l’équilibre est rompu  par les hommes se comparant à un vase brisé. Il importe aux hommes d’en recoller les morceaux, de le réparer. Ce concept de la philosophie juive refuse l’irréparable pour donner au monde une seconde chance. »

Pol-Serge Kakon.

Tout au long du récit, nous suivons également le parcours du marché de l’art, des spoliations des tableaux  et des collectionneurs tels Paul Rosenberg, parmi les plus connus. Reste à découvrir le suspens sur le devenir de ce tableau mystérieux.

Cet ouvrage sensible et bien documenté s’inscrit  à mi-chemin entre littérature et peinture, pétri de références parfois non exempts de certains clichés sur le monde de l’art.

A saluer donc, le cinquième roman d’un auteur attachant et authentique  qui nous a toujours plongé dans les courants identitaires juifs, toutes origines et tendances confondues.

La vie en rouge coquelicot, de Pol-Serge Kakon, aux éditions Balzac. 150 pages. 20,00€.

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