Ad

« La voleuse de livres », le film de Brian Percival inspiré du roman de Marcus Zusak

Bouleversant ce film, La voleuse de livres ! Une belle histoire d’amour et d’amitié ! L’amour entre deux adultes qui se retrouvent grâce à la « vie » qu’amène avec elle la jeune Liesel, l’amour naissant entre deux jeunes adolescents, l’amitié extraordinaire plus forte que la Mort entre Max et Liesel, un ange, une perfection dans le jeu !

Tiré du livre La Voleuse de livres (The Book Thief), écrit par l’auteur australien Markus Zusak, un jeune professeur d’anglais à l’université de Sydney, ce film dénonce les autodafés et l’ignominie de la guerre et des nazis. Il montre les allemands vivant au quotidien et s’apercevant au fur et à mesure vers quel délire ils vont, et dans quelles atrocités leur pays tombe.

Les livres, les mots plus forts que la Mort, qui viendra malgré tout, inexorablement, au cœur de ce petit village où le nazisme est partout : discours prônant la grande Allemagne, chants hitlériens entonnés par des élèves à l’école, portraits d’Hitler dans les salles de classe, emblème nazi sur le haut des maisons et à l’intérieur des foyers.

Aux jeunes enfants qui verront le film, toutes les méthodes d’endoctrinement mises en place à l’époque sont décrites. Il y a la reconstitution d’événements historiques comme la Nuit de Cristal, qui montrent la gravité de la politique nationale et le début de la chasse aux Juifs et leur déportation. On y voit aussi que les allemands qui refusent cette montée de violence sont souvent en danger eux-mêmes ! Si un allemand défend une personne en difficulté, il se met en danger, et sa famille aussi. On assiste à un autodafé où tout le village est présent et où, poussée par la ferveur populaire, la crainte, et surtout l’incompréhension de ce qui se joue, Liesel elle-même brûle sans hésiter l’un de ses précieux ouvrages.

Le destin tragique de la petite Liesel Meminger est racontée par la Mort, qui est dotée d’un humour cynique et attentionné, ultime témoin objectif de la folie des hommes. Les mots sont une forme de résistance à la barbarie — nazie, en l’occurrence.

Quand Liesel est adoptée par Hans et Rosa Hubermann, une famille d’accueil vivant dans les environs de Munich, tout près du camp de Dachau, elle est illettrée et démunie. A l’école, on va se moquer d’elle dès le premier jour de classe. Elle va prendre sa revanche, et dire avec les mots ce qu’elle ressent au fond d’elle, suite à la mort de son petit frère. C’est avec son nouveau père, Hans, qu’elle fait ses armes, qu’elle apprend, syllabe par syllabe, à déchiffrer ses premiers livres, avant de faire à son tour la lecture à un jeune homme, Max, qui a fui Berlin avec l’aide d’un ami après la Nuit de Cristal, abandonnant sa mère qui lui a demandé de fuir et de la laisser seule pour qu’il puisse survivre.

Max est recueilli par les parents adoptifs de Liesel, qui l’hébergent dans leur cave. L’acteur, Geoffrey Rush, qui fut l’orthophoniste dans le film Le discours d’un roi, est tout simplement magnifique dans le rôle du père attentionné, formateur, et, à nouveau, il sait y faire. Il a un charisme paternel. On l’aime ce papa présent et si prévenant, qui « retrouve » petit à petit sa femme, bourrue et sèche, qui s’était enfermée dans une méchanceté qui ne lui ressemblait pas. Pour que Max vive — car elle ne veut pas qu’il meure comme son petit frère — Liesel vole des livres et lui lit afin de le maintenir éveillé.

C’est un moment du film très poignant. La Vie plus forte que la Mort, même si cette dernière est toujours gagnante ! La famille aussi est mise en avant, comme un élément fondamental du bonheur : aimer et être aimé, se sentir appartenir à une famille unie et solidaire.

Des décors à couper le souffle, une belle photographie. Des acteurs tous extraordinaires, dont la jeune prodige Sophie Nelissen qui EST Liesel ! Elle habite le personnage et le rend vivant à nos yeux, attachant ! Sans oublier la musique de John William. Souvent, lorsqu’une musique de film nous saisit le cœur et l’âme et bouleverse, elle est signée John William. Une signature et une sensibilité incroyables.

Un film que nous vous conseillons fortement, malgré quelques infimes maladresses.

Si vous désirez aller plus loin :

La voleuse de livres, de Brian Percival. DVD. 125 minutes.
La voleuse de livres, de Markus Zusak, aux éditions Pocket. 640 pages. 8,40€.

Partagez vos impressions

Cet article vous intéresse ? Laissez un commentaire.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.