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« Les optimistes » au théâtre du Soleil, par la troupe du Théâtre Majaz

Lorsqu’ils se rencontrent en 2007 sur les bancs de l’école de théâtre Jacques Lecoq, Ido Shaked, israélien, Lauren Houda Hussein, franco libanaise, et Hamideh Ghadirzadeh, franco iranien, décident de créer la troupe de Théâtre Majaz.

les optimistesAvec pour but de rassembler les peuples à-travers leurs créations, au-delà des clivages politiques, religieux ou culturels, leur premier spectacle, Croisades, présenté à partir de juin 2011, avait été pour eux l’occasion de séjourner en Israël, à Saint-Jean-D’acre. Dans un tourbillon de rencontres, cette pièce avait déjà été jouée, comme c’est encore le cas pour Les optimistes, en français, en hébreu et en arabe. Ce qui a pour effet de donner à l’histoire plus d’impact, plus d’authenticité, et d’emmener les spectateurs dans un grand voyage initiatique.

Présenté au Théâtre du Soleil depuis début novembre, Les optimistes, tout comme Croisades, partait sans doute d’un bon sentiment. Benjamin, dit « Béno », journaliste polonais rescapé de la Shoah, arrive au lendemain de la guerre pour s’installer, à l’instar de milliers d’autres Juifs fuyant l’énorme cimetière qu’est devenue l’Europe, sur la terre de ses ancêtres. Débarqué dans la ville de Jaffa, il s’installe dans une maison dont il ignore tout.

Soixante ans plus tard, Samuel, son petit-fils, avocat français, arrive pour la première fois en Israël où il a pour mission de vendre ladite maison. Parmi les cartons, les papiers et les vieux meubles, Samuel découvre une lettre qui va involontairement le replonger dans l’Histoire, dans son histoire, dans l’histoire de ce grand-père méconnu et des heures sombres de la guerre d’Indépendance.

Traitant de ces centaines d’hommes ou de femmes, célèbres ou anonymes, qui ont refusés de se plier à la politique des dirigeants de l’époque, Les optimistes met en lumière trois points de vue qui se croisent sans toutefois se rejoindre. Celui de Béno d’abord, héros malgré lui, celui d’une famille de réfugiés dans un camp au Liban ensuite, dont Béno ignore tout, et celui de Samuel enfin, ce petit-fils qui ne se doute pas de ce qui l’attends lors de ce bref séjour.

Les sept acteurs présents sur la scène du Théâtre du Soleil donnent vitalité et force au récit. Certaines scènes sont touchantes, et si le décor est minimaliste – mais étudié, la mise en scène reste très bonne. Là où l’on pourrait émettre quelques réserves, c’est sur le côté objectivement partial que donnent les comédiens à cette histoire.

Qu’il s’agisse de culpabilité – Béno s’est installé dans une demeure de laquelle a été expulsée une famille arabe lors de la guerre d’Indépendance, d’insultes envers Moshé Dayan, ou disons-le ouvertement, de remise en question de l’existence même de l’Etat d’Israël – trois « interludes », sous couvert de « recherches » et de « documentation », reviennent sur des lois israéliennes et des déclarations onusiennes jetant l’opprobre sur l’Etat hébreu, Les optimistes accuse !

Il semblerait qu’il soit impossible de traiter de l’histoire d’Israël sans qu’inévitablement, nous ayons à revenir sur ce même cliché, si bien utilisé du reste, et toujours payant, du méchant Juif et du pauvre Arabe, victime en « terre occupée ».

Peut-être s’agit-il là aussi d’une opinion partiale, mais le sentiment accusateur est malheureusement bien palpable au bout de deux heures de représentation.

A vous de juger.

Les optimistes, au Théâtre du Soleil.



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