Ad

Notre sélection de spectacles au Festival d’Avignon 2021

Ad

« Un voile glacé a figé pendant plus d’un an nos métiers de parole. »

Ainsi s’exprimait le directeur du Festival d’Avignon, au vu de la situation dramatique qu’ont vécu les professionnels de la culture et notamment du théâtre, culture confisquée parce que « non essentielle ».

Au tout début du confinement, on a pu noter une grande quantité d’initiatives heureuses de créativité pour maintenir le théâtre vivant malgré tout. Lectures, répétitions, spectacles en ligne ont fleuris sur les réseaux sociaux via Zoom ou en visioconférences.

Malgré la situation déjà précaire des intermittents du spectacle qui s’est considérablement dégradée pour toutes les professions du spectacle vivant (comédiens, metteurs en scène, musiciens, techniciens…), plusieurs répétitions ont pu continuer à se dérouler « normalement », et les comédiens ont même pu présenter leur spectacle devant des professionnels du théâtre et des journalistes, de façon privée.

Cultures-J vous propose un petit tour d’horizon des  spectacles des deux plus anciens festivals de théâtre : Avignon, et les  jeux de  théâtre de Sarlat.

A noter que pour la deuxième édition du Souffle d’Avignon, les scènes d’Avignon proposent deux semaines d’un cycle de lectures de textes inédits porté par une initiative artistique, solidaire et patrimoniale de cinq théâtres sous la présidence à de Serge Barburcia.

Les choix de la rédaction

  • Le jour où j’ai appris que j’étais juif, de et avec Jean François Derec, est une pièce intimiste à portée autobiographique, un interminable et percutant questionnement sur l’identité juive découverte avec stupeur, à l’âge de 10 ans. Dans ce spectacle, Jean-François Derec (tiré de son nom, Derecksi) revisite tous les aspects du judaïsme, de ses traditions culinaires à spirituelles, après avoir été dans l’ignorance totale de son identité soigneusement cachée par ses parents. Volonté d’assimilation, oubli, peur, pudeur, traumatisme de guerre… ?
    Le texte est fin, léger, imagé avec des pointes de dérision et de gravité en même temps. C’est l’histoire d’un futur comique qui apprend l’humour par son père et l’angoisse par sa mère…
    Jusque fin juillet 2021 au théâtre du Chêne Noir.

  • Vienne 1913. Les prémiSSes du pire (d’après Alain Didier-Weill) Quand Sigmund Freud reçoit sur son divan le patient de Yung, un jeune aristocrate qui souffre de phobie antisémite, Freud parviendra à l’en guérir à l‘issue de la psychanalyse Mais entre-temps, Hugo fréquente un jeune homme pauvre, peintre de son état, et qui signe ses dessins de son prénom, « Adolf ». Ces deux jeunes vont s’affronter et se forger quelques idéaux définitifs… On peut saisir l’inexplicable tragédie qui va suivre et  bouleverser le cours de l’histoire.
    Jusque fin juillet au théâtre des Gémeaux.

  • Anna et moi, ou comment j’ai rencontré Anna Freud est un stand-up au féminin crée, mis en scène et interprétée par Pascale Caemerbeke sous forme d’un monologue mettant en tension la psychanalyse des enfants, et le travail éducatif. Dans son combat, Anna Freud entre en résonance avec l’histoire de son temps et le nôtre. Elle revisite l’Histoire et les souvenirs, en hommage à la psychanalyse qui nous aide à remettre notre vie en route, à nous réinventer envers et contre tout.
    Jusque fin juillet au théâtre des Lila’s.

  • Une nuit d’été 1942. La rafle du Vel d’hiv est un récit d’une nuit où tout a basculé. Le 16 juillet 1942 à l’aube, 13.152 juifs ont été raflés ; ils ont connu la peur, l’angoisse, la maltraitance et la déportation. Le texte, écrit par Sébastien Pichereau, retrace avec émotion et ferveur des portraits croisés, destins entre espoir et courage, pour ne jamais oublier.
    Jusque fin juillet au théâtre du Tremplin.

  • Le retour, d’Harold Pinter. Le retour à la maison du fils ainé, universitaire brillant dans son milieu populaire d’origine interroge la figure paternelle. Ce retour va faire ressurgir des veilles rancoeurs, jalousie, désirs refoulés, le tout sous haute tension. Les rapports de domination, soumission, séduction-répulsion dominent. Une mise en scène nerveuse sert bien ce texte  incisif.
    Jusque fin juillet au théâtre du Rempart.

  • Aventure séfarade La pièce raconte toutes les péripéties des juifs séfarades en exil à travers une sélection de textes, chansons et musiques, de Babylone au Maghreb, de l’Espagne aux États-Unis. Elle retrace ce destin courageux de juifs repartis de rien et se relevant à chaque fois des tragédies de l’exil, tout en apportant une contribution aux arts, aux sciences et à l’humanité.
    Jusque fin juillet au théâtre de la Carreterie.

  • Le procès Eichmann à Jérusalem Joseph Kessel, qui tient pour France Soir la chronique du procès Eichmann à Jérusalem, rend palpable ses interrogations sur ce criminel avec un reportage à la force et au souffle intenses, si particulier à ce grand journaliste et écrivain. L’adaptation, la mise en scène et l’interprétation sont signés Ivan Morane, avec le voix de Schlomo Selinger.
    Jusque fin juillet au théâtre des Halles.

  • Le petit coiffeur Apres le grand succès de la pièce Adieu Monsieur Haffmann, l’auteur dramatique Jean-Philippe Daguerre revient avec une création tout aussi intense autour de la Libération en août 1944, mise en scène par l’auteur.
    Dans un salon de coiffure tenue de père en fils à Chartres, Marie Giraud, mère résistante de la première heure, vit avec ses deux fils Pierre et Jean, qui tiennent le salon de coiffure paternel ; le père, résistant également et mort un an auparavant, aurait été dénoncé. Tous sont communistes et fervents patriotes Jusqu’à ou iront-ils ? Pierre rencontre Liz et en tombe amoureux ; seulement les FFI veillent. Pierre est contraint de tondre une dizaine de femmes accusées de collaboration avec les allemands. Que se passera-t-il pour Lise ?
    Le récit, tout en intensité dramatique, évoque les thématiques de la guerre et de ses dérives, de la résistance, de ses trahisons, et de la vengeance sur fond d’histoire d’amour. Des personnalités fortes nous apportent une bouffée d’humanité autour de cette période trouble et nauséabonde. L’ambiance y est remarquablement bien rendue, le jeu scénique des comédiens excellent, et le suspens final est surprenant et ajoute une note de bravoure et de dignité à cette histoire bouleversante.
    Jusque fin juillet au théâtre Actuel.

  • La promesse de l’aube L’admirable chef-d’œuvre de Romain Gary rendu ici par un comédien seul sur scène, Franck  Desmedt, qui restitue l’univers de la mère de l’auteur, dévouée, fusionnel, dominante, qui a forgé la carrière de son fils tant aimé. Un hommage grandiose envers cette femme courageuse et excessive qui prend toute son intensité avec le jeu du comédien.
    Jusque fin juillet au théâtre de la Conditions des Soies.

  • Reprise également des pièces L’un de nous deuxAdieu Monsieur HaffmannUn sac de billes, Gainsbourg confidentiel

Partagez vos impressions

Cet article vous intéresse ? Laissez un commentaire.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.