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« Roman Vishniac », exposition au Musée du Judaïsme de Paris

Après l’International Center of Photography de New-York et le Joods Historichs Museum d’Amsterdam, c’est au tour du Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme de Paris d’accueillir les quelques 220 oeuvres de l’exposition consacrée au photographe Roman Vishniac. De Berlin à New York, 1920-1975 retrace la carrière de l’artiste depuis ses débuts à Berlin jusqu’à l’après-guerre aux États-Unis.

roman vishniac berlin new york exposition musee juif parisDès son arrivée dans la capitale allemande en 1920, il fait des rues de cette ville cosmopolite et moderne son principal terrain de prédilection, saisissant l’animation quotidienne d’une cité bouillonnante.

Mais à partir de 1934, les Juifs commencent à être exclus de quantités de métiers. N’ayant plus le droit de prendre de photos de rues, Vishniac bravera cependant l’interdiction en se servant en partie de sa fille Mara, qu’il immortalisera devant des affiches nazies d’Hindenburg et d’Hitler, ou des drapeaux frappés de la croix gammée. Tout comme son fils Wolf, celle-ci rejoindra les mouvements sionistes en vue d’une immigration en Palestine, alors en plein essor.

A partir de 1935, et sur demande de l’ « American Jewish Joint Distribution Commitee », la plus grande organisation juive d’entraide au monde, il se concentre sur les conditions de vie difficiles des communautés lors de la montée du nazisme. Les discriminations deviennent alors des réalités quotidiennes, et son travail sur la vie juive dans les quartiers de Varsovie, Cracovie ou Lodz témoignent d’une extrême pauvreté. Jetés à la rue, des milliers de colporteurs victimes des campagnes de boycott vivent avec leurs familles dans les sous-sols lugubres des ghettos. Les prises de vue de cette époque, bien que magnifiques et profondément touchantes, sont bouleversantes.

En 1941, Roman Vishniac et sa famille arrivent à New York, et il ouvre dans l’Upper West Side, à Manhattan, un studio spécialisé dans le portrait, documentant dans le même temps la vie des Juifs americains et des immigrants. Ses relations avec la communauté juive américaine lui permettront d’asseoir sa notoriété en photographiant entre autres des personnalités telles que Marc Chagall ou Albert Einstein, mais aussi des stars du théâtre yiddish comme Molly Picon, du music-hall, du cabaret et du monde de la nuit.

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Sans titre (enfants d’une école juive, Mukacevo). 1935.

Le travail de Roman Vishniac et les années qu’il passera à photographier un yiddishland aujourd’hui disparu représentent un des témoignages photographiques les plus importants de cette époque, faisant de lui à la fois un spectateur privilégié, et un artiste profondément engagé.

Roman Vishniac. De Berlin à New York, 1920-1975, au Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme, jusqu’au 25 janvier 2015. Plus d’informations sur le site du MAHJ.

Si vous désirez aller plus loin :

– Roman Vishniac, aux éditions Actes Sud. 144 pages. 13,00€.
– Children of a vanished world, aux éditions University of California Press. 158 pages. 35,43€.
– Roman Vishniac’s Berlin, aux éditions Nicolai’sche Verlagsbuchhandlung. 131 pages. 32,90€.
– A day of pleasure : Stories of a boy growing up in Warsaw, d’Isaac Bashevis Singer et Roman Vishniac, aux éditions Perfection Learning. 227 pages. 16,31€.

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