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« Hélène Berr. Une jeune fille dans Paris occupé », le documentaire de Jérôme Prieur

« C’est l’aube d’un jour de juin 40. Très rares sont les parisiens qui ont pu apercevoir Hitler lors de sa visite de la capitale. »

C’est sur ces commentaires, et sur les images d’Hitler visitant Paris que s’ouvre le très émouvant documentaire de Jérôme Prieur, Hélène Berr. Une jeune fille dans Paris occupé.

Dans une capitale où les terrasses de café de Montparnasse sont remplies d’officiers allemands et où les croix gammées flottent sur les façades, Hitler prend possession de « la plus belle ville du monde ».

Si pour certains, cet événement n’entrainera que peu de changement dans leur quotidien, pour d’autres en revanche, il marque un basculement. À l’instar des autres villes conquises par le IIIème Reich, à Paris, le recensement des Juifs commence.

Vice-président d’une entreprise de produits chimiques, Raymond Berr est démis de ses fonctions. Parmi les quatre enfants du couple Berr, Hélène, brillante violoniste et étudiante à la Sorbonne, où elle prépare son agrégation d’anglais, semble promise à un grand avenir. Mais les lois antisémites instaurées la contraignent à abandonner ses études.

Le 7 avril 1942, deux mois avant que le port de l’étoile jaune ne soit imposé, Hélène, ne sachant à qui se confier, débute son journal, dans lequel elle témoigne de sa souffrance au quotidien.

Trop souvent – et à tort – comparé au Journal d’Anne Frank, Hélène Berr. Une jeune fille dans Paris occupé est narré par la comédienne Céline Salette, et enrichi d’images pour la plupart inconnues montrant ce que la jeune fille aurait pu voir : des unes des journaux faisant leurs gros titres des avions abattus, des affiches pétainsites, des images de Pierre Laval à Compiègne – ce même Pierre Laval qui échangea des Juifs contre des français –, la rafle du Vel d’Hiv’, à laquelle le seul moyen d’échapper était le suicide, sans pour autant faire l’impasse sur ses rares moments de joie et de détente, de son premier concert à ses promenades, en passant par ses instants de flirt avec son fiancé, Jean Morawiecki, détenteur du fameux « journal » déposé en 2002 au Mémorial de la Shoah, et édité pour la première fois en 2008.

Arrêtée à son domicile parisien le 8 mars 1944, détenue à Drancy et déportée à Auschwitz le jour de son 23ème anniversaire, Hélène Berr meurt à Bergen-Belsen quelques jours avant la libération du camp par l’armée anglaise.

Prix spécial du jury des Rendez-vous de l’Histoire de Blois 2013, Prix Étoile de la SCAM 2014, Meilleur documentaire télévision 2014, enrichi de très nombreux entretiens avec Mariette Job, nièce d’Hélène Berr, l’historien Henry Rousso, ou encore le réalisateur Jérôme Prieur, Helène Berr. Une jeune fille dans Paris occupé est un témoignage bouleversant qui s’inscrit dans les commémorations du 70ème anniversaire de la Libération des camps de concentration nazis.

Hélène Berr, une jeune fille dans le Paris occupé, de Jérôme Prieur. DVD. 84 minutes.

Si vous désirez aller plus loin :

Le journal d’Hélène Berr (1942-1944), d’Hélène Berr, aux éditions Points. 336 pages. 7,50€.
La grande fafle du Vel d’Hiv, 16 juillet 1942, de Claude Lévy et Paul Tillard, aux éditions Tallandier. 332 pages. 10,00€.

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