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« Marie Curie, la scientifique aux deux prix Nobel » : l’histoire d’une vie en bulles…

« Marie Curie est la seule personne que la gloire n’ait pas corrompue. »

A eux seuls, ces mots d’Albert Einstein résument parfaitement la vie et le travail de Marie Curie : une existence entièrement vouée non pas à sa gloire personnelle — elle l’a toujours refusée —, mais à la recherche et au bien collectif.

Marie Curie, la scientifique aux deux prix Nobel, le roman graphique de l’illustrateur Yigael et du scénariste Ceka, invite le lecteur à revenir sur six décennies d’une vie dédiée à la science et au progrès. Une vie qui débute modestement en Pologne, alors sous le joug de l’occupation russe ; une nation dans laquelle chaque mot, chaque acte est surveillé, et susceptible de représailles. Mieux vaut ne pas aller contre le pouvoir en place. Et celle qui n’est encore que Marya Sklodowska va l’apprendre très tôt…

Intégré à l’intelligentsia polonaise anti-russe visant à maintenir une culture nationale, le père de Marya est démis de ses fonctions alors qu’elle est encore enfant, et la famille expulsée de son logement. Un malheur ne venant jamais seul, sa sœur aînée meurt du typhus, suivie deux ans plus tard par sa mère, emportée quant à elle par la tuberculose.

À une époque où les femmes polonaises n’ont pas le droit d‘étudier, l’accès à l’éducation ne peut se faire que de manière clandestine, avec tous les risques que cela comporte. Marya n’a donc d’autre choix que de braver l’interdit.

Un risque qui sera récompensé peu de temps après lorsqu’à l’âge de vingt-quatre ans, la jeune femme intègre pour la première fois un laboratoire de Varsovie. S’il est encore trop tôt pour parler ici de « carrière », on peut définitivement affirmer que cet épisode sera fondateur.

Quelques années plus tard, arrivée à Paris où elle mène une vie de dénuement, elle va être l’une des vingt-trois femmes — sur plus de deux mille étudiants — à intégrer les rangs de la prestigieuse faculté de sciences de la Sorbonne. Et il ne lui faudra que deux années pour être reçue première à la licence ès sciences.

« Tout mon esprit était centré sur mes études, tout ce que je voyais et apprenais de nouveau m’enchantait. C’est comme un monde nouveau qui m’était ouvert. »

MARIE CURIE.

La prestigieuse université sera également pour Marya, devenue Marie, l’occasion d’une rencontre qui va bouleverser sa vie : par l’intermédiaire du professeur Lippmann, elle rencontre Pierre Curie, dont elle tombe éperdument amoureuse. Une union qui va donner lieu à une alchimie fusionnelle, au destin que l’on connaît.

Dans la dernière décennie du 19ème siècle, le couple sera verra honoré par un prix Nobel reçu conjointement avec Henri Becquerel, tandis que les derniers mois de l’année 1898 vont donner lieu à deux découvertes majeures : le polonium, ainsi nommé en hommage à la Pologne natale de Marie, ainsi que le radium. 

L’aventure ne faisait que commencer : articles, mémoires, livres scientifiques… les Curie gagnent une notoriété européenne. 

Mais le malheur va à nouveau frapper Marie au début de l’année 1906 lorsque, heurté par un fiacre, Pierre Curie s’éteint. Comme une « consolation » pour cette perte irréparable, la faculté des sciences confie à la veuve la chaire de physique. Une première !

En novembre 1906, son premier cours attire le tout-Paris, tandis que sont dévoilées dans la presse des révélations concernant sa relation avec Paul Langevin, alors marié. Albert Einstein prend publiquement fait et cause pour la scientifique, qui reçoit dans la foulée son second prix Nobel, de chimie cette fois-ci. Mais pour des raisons de discrétion, on lui « conseille » cependant de ne pas se rendre en Suède afin de le recevoir. Sa réponse sera sans appel :

« Le prix m’a été décerné pour la découverte du radium et du polonium. J’estime qu’il n’y a aucun rapport entre mon travail scientifique et les faits de la vie privée. »

Au crépuscule d’une carrière au cours de laquelle elle a toujours privilégié le bien commun au détriment de son enrichissement personnel, atteinte d’anémie, Marie Curie meurt victime des substances radioactives auxquelles elle s’est exposée toute sa vie durant.

Sur demande de François Mitterrand, et en présence de Lech Walesa, Pierre et Marie Curie entrent au Panthéon le 20 avril 1995. Elle sera la première femme à entrer dans l’édifice dédié « Aux Grands Hommes de la Nation ». En raison de sa radioactivité, son cercueil est recouvert d’une couche de plomb de plusieurs millimètres.

« En science, nous devons nous intéresser aux choses, non aux personnes. »

MARIE CURIE.

Marie Curie, la scientifique aux deux prix Nobel, de Yigaël et Céka, aux éditions Faton. 96 pages. 18,50€.

Si vous désirez aller plus loin :

Marie Curie, de Jeanine Trotereau, aux éditions Folio. 368 pages. 9,90€.
Marie Curie, ma mère, d’Irène Joliot-Curie, aux éditions Plon. 102 pages. 14,00€.
Marie Curie, d’Henry Gidel, aux éditions Flammarion. 384 pages. 24,40€.

Et pour la jeunesse :

Marie Curie, de Patricia Crété, Bruno Wennagel et Mathieu Ferret, aux éditions Quelle Histoire. 40 pages. 5,00€.
Marie Curie, la fée du radium, de Chantal Montellier et Renaud Huynh, aux édition Dupuis. 48 pages. 12,50€.

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