24 September 2018
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“Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran” interprété au Rive Gauche par son auteur

Ecrit en 2001 par Eric-Emmanuel Schmitt pour le comédien Bruno Abraham-Kremer, qui signera la mise en scène, Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran s’inspire très largement à la fois de la vie du comédien pour le personnage de Moïse, mais aussi de celle du grand-père d’Eric-Emmanuel Schmitt pour celui de Monsieur Ibrahim.

Paris, années 60. Monsieur Ibrahim, la quarantaine, “arabe d’une rue juive”, tient une petite épicerie rue Bleue, dans le 9ème arrondissement. Blouse grise sur les épaules, vissé du matin au soir sur un tabouret du haut duquel il observe clients et badauds, Monsieur Ibrahim va faire la connaissance de Moïse, dit Momo, 13 ans.

Solitaire, délaissé par un père avocat qui le considère plus comme un esclave que comme un fils, le jeune garçon vient chaque jour tromper son ennui et sa tristesse à l’épicerie d’en-bas, entre légumes et boîtes de ragoûts qu’il lui arrive parfois de subtiliser. Avec les “économies” ainsi réalisées, Moïse peut s’offrir quelques moments de plaisir auprès de filles de joie de la rue Paradis. A 13 ans, on est déjà un homme, non ?

Au fil des jours, au fil des semaines, les mots vont devenir des phrases, les phrases des conversations. Monsieur Ibrahim et Moïse vont apprendre à se connaître, et à se découvrir. L’un est vieux, l’autre jeune, ils ont donc tout le temps pour parler…

Après Bruno Abraham-Kremer en 2001, qui la jouera à plus de 600 reprises, et Francis Lalanne en 2012, Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran revient à Paris pour trente représentations exceptionnelles, interprétées par son auteur, qui monte sur les planches pour la toute première fois.

Tiré d’une fable du soufisme et aujourd’hui traduit dans plus de 50 pays, Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran est un hymne empli de sagesse et de tolérance, deux notions faisant cruellement défaut à la société actuelle.

“À Tel Aviv, il y a quelques années, les partisans de la paix de deux côtés s’emparèrent de Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran : le théâtre national d’Israël présenta longtemps cette pièce un soir en arabe, un soir en hébreu. Or nous entrons dans une zone de turbulences encore plus fortes que lorsque ce texte fut créé en 1999 : l’islamophobie s’est développée sans complexe, l’antisémitisme a repris du poil de la bête, l’ignorance de l’autre n’apparaît plus comme un défaut. Aujourd’hui, on se replie sur son identité comme on se cache dans une armure. Beaucoup ont alors pensé que Monsieur Ibrahim nous manquait, avec sa sagesse souriante inspirée du soufisme, ainsi que Momo, ce garçon solitaire en quête d’amour. Ces deux-là voient d’abord un être humain en l’autre, pas seulement un juif, un arabe, un musulman, un Français, un étranger. Ils nous racontent un univers coloré de tendresse et de respect, nourri par la première forme de la tolérance : la curiosité.” Eric-Emmanuel Schmitt.

Dans une mise en scène sobre et efficace signée Anne Bourgeois, évoluant du salon familial à l’épicerie, des chambres des filles de la rue Paradis aux plages du Croissant d’Or, Eric-Emmanuel Schmitt nous livre ici une version intime et très personnelle de son propre récit, drôle, subtil et poétique.

Adapté en 2003 au cinéma par François Dupeyron, Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran avait offert à l’acteur Omar Sharif le César du Meilleur acteur, et avait été couronné de multiples récompenses internationales de Chicago à Venise, ainsi qu’une nomination aux prestigieux Golden Globes.

Fort d’une tournée triomphale en Amérique du Nord, au Proche-Orient et en Europe – et une halte au festival d’Avignon en juillet dernier -, Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran établit ses quartiers au théâtre Rive Gauche jusque mi-octobre.

Un rendez-vous à ne surtout pas manquer en cette rentrée !

Si vous désirez aller plus loin : 

Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran, d’Eric-Emmanuel Schmitt, aux éditions Livre de Poche. 96 pages. 5,20€.
Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran, de François Dupeyron. DVD. 91 minutes.

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