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Serge Lazareff, chef des services juridiques de l’OTAN à Fontainebleau…

Parmi les personnalités qui furent invités pour commémorer le 20ème anniversaire de la mort du Père Jacques en déportation le 14 mars 1965 au Couvent des Carmes, à Avon, figuraient entre autres Serge Lazareff, chef des services juridiques de l’OTAN.

Serge Lazareff, avocat international de l’Etat et de grandes multinationales, était une célébrité discrète de Fontainebleau. En 2009, Gérard Worms, président de la Chambre de Commerce Internationale, lui remit les insignes de Commandeur dans l’Ordre de la Légion d’honneur. Il avait créé quelques mois auparavant, avec trois autres partenaires, le premier cabinet français d’arbitrage et de conseils : Lazareff Le Bars.

Personnalité emblématique de l’arbitrage et du monde des affaires, Serge Lazareff avait su, tout au long de sa vie et de sa carrière, se renouveler dans l’excellence.

Fils de Boris et Germaine Lazareff, il naquit le 8 novembre 1926 à Paris, et devint en 1946 le plus jeune avocat de France, puis le premier étudiant français à obtenir une bourse d’Etat pour étudier à Harvard, aux Etats-Unis. Surdoué, il devint même l’interprète personnel du Général Eisenhower au sein du commandement en chef des forces alliées, puis son principal conseiller juridique, notamment pour le centre de Fontainebleau, qui rassemblait sur place, de 1951 à 1966, près de 3.000 militaires.

Il participa à la rédaction du Traité de l’OTAN, devint directeur des contrats internationaux du groupe Pechiney, puis se dirigea vers l’arbitrage international, intervenant dans plus de deux cents affaires institutionnelles ou ad hoc.

Beaucoup plus tard, il fut l’un des artisans de la création de Disneyland à Marne-la-Vallée.

« C’est une véritable épopée que nous avons menée avec Paul Séramy, Président du Conseil général de l’époque. Transformer un champ de betteraves en château de la Belle au bois dormant n’a pas été facile. J’étais l’avocat du département et de l’Etat. A un moment, les Américains ont fait du chantage en parlant d’installer Mickey en Espagne. Je me souviens d’un dîner mémorable, pour essayer de les amadouer, au château de Vaux-le-Vicomte. Il a fallu deux ans de travail à plein temps pour aboutir.« 

Serge Lazareff.

Ingrat, le métier d’avocat d’arbitrage ? « Non, j’agis dans les coulisses des affaires. J’ai par exemple permis d’éviter un litige dans le projet de construction d’une centrale nucléaire aux Philippines, pour le compte de la compagnie américaine Westinghouse. »

En 1995, à la suite de Pierre Lalive, Serge Lazareff devint le deuxième Président de l’Institut du Droit des Affaires Internationales de la CCI. Il avait également présidé la Commission Française de l’Arbitrage International et fut membre de la Cour de la LCIA. Serge Lazareff s’était également consacré à l’enseignement et à l’évolution de la doctrine arbitrale.

Passionné, il voyageait beaucoup mais ses racines étaient à Fontainebleau. Régulièrement, il faisait des marches de cinq heures en forêt, ramassait des champignons dont il était capable de reconnaitre certains que les autres ne connaissaient pas, tel le « Petit gris » ou « L’anisé ». Le dimanche, par tradition il faisait son marché entouré de cette foule bellifontaine qu’il aimait tant.

Il avait fait un mariage exogamique, s’était converti au christianisme et eut un fils, Alexandre. Serge Lazareff mourut en 2012 et fut enterré dans le cimetière banal de Fontainebleau auprès  de son épouse, Monique, décédée deux ans plus tôt.

Pierre Lazareff et son épouse Hélène Gordon, journalistes…

Pierre Nathan Lazareff naquit en 1907 à Neuilly-sur-Seine. « Pierrot les bretelles » était un journaliste français, et symbolisa des années 40 aux années 70 le patron de presse à la française. Connu pour ses colères homériques mais aussi pour sa clairvoyance, il fut, à partir d’une feuille paraissant clandestinement durant la guerre, le créateur en 1944 de France-Soir. Le journal devait devenir le quotidien le plus lu dans l’Hexagone, connu pour ses différentes éditions de la journée changeant en fonction de l’actualité, mais également pour les plumes prestigieuses qui rédigeaient les articles.

Parmi ces plus remarquables, Joseph Kessel fut sans doute le plus aventurier. Avec Pierre Desgraupes, Pierre Dumayet et Igor Barrère, il créa également le grand magazine télévisuel d’informations des années 60 Cinq colonnes à la Une.

La mort de Pierre Lazareff coïncida avec le déclin de son quotidien, frappé par la concurrence de la télévision et de la radio, mais également par l’incapacité à se positionner dans un secteur en crise ainsi que la parution de nouveaux titres un peu plus politisés.

Après sa mort, en 1972, il fut enterré dans le premier carré israélite du cimetière du Père Lachaise. Seul de la famille ayant fait un mariage endogamique, son épouse fut ensevelie à ses côtés. Hélène Gordon-Lazareff, grande journaliste, fut en 1945 la créatrice du magazine féminin Elle.

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