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Avec « Israël, le voyage interdit », Jean-Pierre Lledo nous invite dans son histoire personnelle

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Ce n’est pas un à documentaire auquel nous invite, à partir du 7 octobre, le réalisateur franco-algérien Jean-Pierre Lledo, mais plutôt à un voyage initiatique et personnel dans les méandres d’une histoire plusieurs fois millénaire… et paradoxalement totalement inconnue de lui. Avec son titre-choc, Israël, le voyage interdit se raconte tout autant qu’il se regarde.

Né en Algérie en 1947, c’est avec sa fille Naouel que Jean-Pierre Lledo décide, à plus de cinquante ans, décide de partir à la découverte d’une terre, d’un pays et d’un peuple qu’il avait jusque-là soigneusement ignoré : Israël. Un pays qui pour lui ne se limitait qu’à une chose ou presque : Deir Yassin. Il est vrai qu’au lendemain de la déclaration d’Indépendance de l’État hébreu, en mai 1948, la vie des millions de Juifs installés dans des pays arabes depuis la nuit des temps — la population juive en Irak remonte à plus de 2.000 ans et compta jusqu’à 137.000 personnes — avait été littéralement et durablement modifiée. Si jusque-là ils avaient souvent vécu en parfaite harmonie avec leurs voisins musulmans, des vagues de pogroms moyenâgeux, de pillage, de meurtres, d’incendies et d’expulsions de masse allaient bientôt devenir leur quotidien, comme en témoigne Linda Menuhin, alors jeune fille dans un Irak aux mains du parti Baath, dont le plan non-dissimulé était purement et simplement calqué sur celui des nazis : exclusions, confiscations, exterminations. Des pays pour lesquels l’État d’Israël n’existe pas. Lorsque l’on en parle, on évoque… l’entité sioniste. Alors que le monde compte plus de cinquante pays musulmans, le seul pays juif est celui de trop !

« Soudain, je prends conscience que si tous les peuples avaient été massacrés à une époque ou à une autre, les Juifs, eux, l’avaient été à toutes les époques. Y avait-il un autre peuple au monde toujours en guerre, juste pour exister ? »

Jean-Pierre Lledo.

La fête de Pourim, qui donne son sous-titre au troisième volet de ce quadriptyque, résonne de manière particulièrement actuelle…

Elle semble bien loin l’époque de Rézak Abdelkader, arrière-petit-fils du héros algérien, l’émir Abdelkader, père de l’Algérie moderne. Ce dernier, après sa libération, avait choisi d’aller en Syrie et était devenu l’ami du rav Shmuel Abbo de Tsfat… Quant à Rézak, il fut l’ami de Yigal Allon, le chef du Palmah. Marié à une juive autrichienne, son corps repose aujourd’hui en Israël, sur le Plateau du Golan.

Contraint de fuir l’Algérie en 1993 suite à des menaces de mort, on ne s’étonnera donc pas que Algérie, histoires à ne pas dire, le documentaire que Jean-Pierre Lledo réalise en 2007, soit interdit de diffusion dans le pays qui l’a vu naître. A l’image de l’écrivain Boualem Sansal, auteur polémique multi-récompensé, invité à témoigner au Salon du Livre de Jérusalem. On est bien loin de la reconnaissance que l’État hébreu — et Lia van Leer, fondatrice de la première cinémathèque du pays — vont attribuer peu de temps après à titre posthume à un réalisateur d’origine palestinienne, tué dans un attentat à la bombe à Jérusalem.  

« C’est grâce au cinéma que je me suis autorisé le voyage que je m’étais jusque-là interdit. »

Jean-Pierre Lledo.

Avec sa fille Naouel, Jean-Pierre Lledo va remonter le temps et traverser Israël de part en part, à la recherche de témoignages et de membres d’une famille qui s’agrandit au fil des semaines… D’Akko à Jérusalem, où l’on découvre les magnifiques synagogues Conegliano Veneto et de la ‘Hurva, de Tel Aviv à Hébron, première capitale du royaume d’Israël marquée par des massacres de Juifs en 1929, Tibériade, la Galilée et les ruines de la synagogue de Mérot, connue pour être la plus ancienne au monde, le Plateau du Golan, Ra’hat, la plus grande ville bédouine d’Israël, Ashdod, une ville sous le feu des roquettes et où l’on a apprit à courir aux abris en quelques secondes…

Caméra à l’épaule, avec Naouel au volant et Ziva Postek, chef-monteuse sur Shoah, de Claude Lanzmann, et productrice de ce documentaire qui endosse également le rôle de traductrice, ce voyage va révéler un gouffre profond entre ce que Jean-Pierre Lledo était… et ce qu’il devenait.

Émouvant et riche de dizaines de témoignages, ce passionnant documentaire historique et sociétal de quatre parties aux allures de road-movie a l’avantage de lever le voile sur des éléments rarement évoqués, que les médias complaisants, avides de désinformation et de « bien-pensance », n’hésitent pas à manipuler pour faire d’Israël un état d’apartheid, et l’agresseur permanent d’un peuple palestinien opprimé. Étrange si l’on considère que, selon de récents sondages, la très large majorité des palestiniens ne voudrait à aucun prix vivre dans un autre pays.

Sorti de Kippour depuis quelques jours à peine, cette fête essentielle et centrale du judaïsme donne justement son nom au premier volet de ce quadriptyque passionnant, qui sera suivi les 14, 21 et 28 octobre prochains de Hanouka, Pourim et Pessah.

Une rentrée cinématographique à ne pas manquer donc.

Israël, le voyage interdit. Partie I : Kippour, en salle le 7 octobre 2020.
Israël, le voyage interdit. Partie II : Hanouka, en salle le 14 octobre 2020.
Israël, le voyage interdit. Partie III : Pourim, en salle le 21 octobre 2020.
Israël, le voyage interdit. Partie IV : Pessah, en salle le 28 octobre 2020.

Ne manquez pas non plus les nombreux rendez-vous, débats, avant-premières… organisés autour de ces sorties en salles.

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