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« La vie matérielle » : Marguerite Duras en question…

Seule sur scène, dans un clair-obscur persistant, Marguerite Duras, magistralement interprétée par Catherine Cartigala, convoque ses souvenirs qui défilent  entre trois lieux : Paris, Neauphle-le-Château et Trouville. Un bijou littéraire et théâtral.

Marguerite Duras, figure majeure de la création artistique, est alors à l’apogée de son oeuvre et unanimement reconnue dans le monde littéraire. Nous pénétrons dans son intimité, qu’elle nous livre au son de confidences, de révélations, de liens qu’elle entretient avec le monde, d’analyses pertinentes ou insolentes.

Sa parole, libre, éclatante, profonde, se délie. Et notamment sur la question de la lourde charge du travail des femmes à la maison, entre enfants, ménage, cuisine, etc… Une véritable anthologie féministe !

Libre, entière, audacieuse, elle raconte sa vie privée et son siècle, où il a fallu attendre les années 50 pour qu’une femme devienne enfin metteur en scène dans la sphère théâtrale et cinématographique.

Jalousement protégée dans sa maison des Roches Noires à Trouville, Marguerite Duras revisite son passé de femme avec une attention particulière portée à sa sensualité et ses désirs.

Amoureuse aux multiples aventures, elle évoque bien entendu sa relation houleuse et passionnelle avec Yann Andrea, admirateur fougueux et désespéré.

Dans La vie matérielle, nous naviguons entre l’illusion et la réalité d’un récit dans lequel s’entremêlent son enfance, sa relation avec sa mère, son ivresse alcoolique, les personnage de ses romans – L’amant, Moderato cantabile, Un barrage contre le PacifiqueLa vie matérielle résume les pensées les plus profondes de son siècle avec une écriture personnelle et envoutante, et d’une élégance  intellectuelle qui lui est propre.

« On découvre une Duras se débattant dans un quotidien qu’elle peine à maitriser, se lovant dans la sensualité, chemin magnifique vers le plaisir, mêlant l’interdit et la grâce comme un pied de nez magistral fait à la bien-pensante bourgeoisie et confortable. »

William Mesguish, metteur en scène.

C’est aussi elle qui écrit certaines adaptations de ses œuvres au théâtre, tout comme les scénarios et dialogue de cinéma.

« Catherine Articala est Marguerite Duras. Elle est écriture. Elle est cette force qui nous  bouleverse par sa drôlerie, son culot, son insouciance parfois, sa radicalité souvent. »

William Mesguish, metteur en scène.

Avec la comédienne Catherine Artigala, confondante dans le rôle de Marguerite Duras âgée de soixante-douze ans, nous entrons dans le cœur et l’âme de l’écrivaine, avec ses sourires malicieux, ses coups de gueule, ses cris de cœur sur tous les revers de notre société, ses absurdités, sa désespérance en même temps que sa beauté, sa créativité, son humanisme…

La vie matérielle, actuellement au théâtre du Gymnase Marie Bell.

Si vous désirez aller plus loin :

La vie matérielle, de Marguerite Duras, aux éditions Gallimard. 192 pages. 7,00€.

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