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5/7. La synagogue Pinkas, lieu de culte et Mémorial aux victimes du nazisme…

Monté sur le trône en 1471, Vladislav IV, roi de Bohème et de Hongrie, lève l’interdiction faite aux Juifs des décennies plus tôt, et leur accorde à nouveau le droit de construire des édifices dédiés au culte israélite. Sortie de terre en 1535, la synagogue Pinkas, rue Siroska, sera dès lors la première à être reconstruite dans le ghetto.

Une quinzaine d’années plus tôt, Aron Horowitz, l’un des chefs de la cité juive, et son épouse Nehama, héritent d’une maison, ancienne propriété d’Israël Pinkas – d’où son nom de synagogue Pinkas – et font édifier sur ses fondations une nouvelle synagogue, destinée à accueillir les fidèles d’une communauté juive grandissante. La synagogue PInkas restera d’ailleurs aux mains de la famille Horovitz jusqu’au 17ème siècle, et conservera en ses murs l’étendard et l’habit du martyr messianique Salomon Molkho, arrêté par Charles Quint, condamné comme hérétique et brûlé à Mantoue en 1532.

La place manquant dans le ghetto, la synagogue Pinkas fut construite à la limite du vieux cimetière juif de la ville, dont elle marque aujourd’hui l’entrée.

Sous ses élégantes voûtes et son architecture intérieure mêlant styles gothique tardif et Renaissance, l’assemblée était disposée, comme dans la synagogue Vieille-Nouvelle, de part et d’autre de la bimah entourée de grilles de fer forgé reprenant l’emblème des Juifs de Prague : l’étoile de David et le chapeau. Une ferronnerie offerte en 1793 par Joachim Popper et qui a remplacé celle d’origine.

La synagogue Pinkas restera en activité jusqu’à la Seconde guerre mondiale, à l’issue de laquelle elle est transformée en Mémorial. Les artistes tchèques Jiri John et Vaclav Bostik vont alors créer une oeuvre constituée des dizaines de plaques sur lesquelles sont inscrits, par ordre alphabétique, les noms des 78.000 victimes tchèques du génocide nazi. De chaque côté de l’Armoire Sainte, on peut également découvrir les noms des camps de concentration nazis. Un témoignage émouvant, malheureusement mis en péril en raison de l’humidité du bâtiment – son niveau de construction, plus bas que celui du sol, lui vaudra d’être inondée à de nombreuses reprises.

Par mesure de sécurité – mais aussi et surtout en raison de l’invasion de la Tchécoslovaquie par le Pacte de Varsovie en août 1868 -, elle est fermée au public et ne rouvrira qu’en… 1992. Sans entretien ni préservation pendant plus de vingt ans, son état s’est considérablement endommagé. Rouverte au public à partir de 1992, elle connaitra jusqu’en 1995 une vaste campagne de rénovation, ainsi que la restauration à l’identique des plaques commémoratives, très endommagées.

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6/7. Le cimetière Juif et la synagogue Klausen, musée des traditions et coutumes juives



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